Le consentement aux soins infirmiers

Au Québec, comme ailleurs au Canada, le consentement aux soins infirmiers est une notion indissociable des débats autour des soins de santé. Le consentement est un principe éthique et légal. En tant qu’infirmier.ère, tu as le devoir d’exposer clairement à ton patient son état de santé, les options de traitement existantes, ainsi que les avantages et les risques qui y sont associées. Il peut donner ou non son consentement pour le protocole de soin conseillé.

Explorons ensemble ce principe essentiel !

Consentement libre et éclairé

Le consentement aux soins infirmiers doit être libre, ce qui signifie que le patient ne doit subir aucune pression pour prendre sa décision. Il s’agit de son choix personnel et il doit être respecté.

Il doit aussi être éclairé, autrement dit le patient ou le représentant légal est pleinement informé des risques, des avantages, des alternatives et des conséquences d’une intervention médicale ou d’un traitement. Il est donc en mesure de prendre une décision éclairée en toute connaissance de cause.

Cela implique de fournir au patient des informations factuelles et compréhensibles sur sa condition médicale. Le consentement éclairé un principe fondamental en soins infirmiers garantit le respect de l’autonomie et de la dignité du patient, tout en favorisant une décision réfléchie et commune entre le patient et le professionnel de santé.

Capacité à consentir

Comprendre le patient : Une évaluation en 4 étapes

Le patient doit être en mesure de comprendre l’information fournie pour prendre une décision éclairée. Pour cela, l’infirmier.ère doit procéder à une évaluation en 4 étapes :

  • L'évaluation initiale de la compréhension où l’infirmier.ère explique la nature de la décision à prendre en termes simples et vérifie si tout est clair pour le patient.

  • L'évaluation de la capacité de raisonnement implique une discussion sur les options disponibles. L’infirmier.ère estime la capacité du patient à peser les avantages et les inconvénients des différentes options.

  • La capacité de communication est également évaluée en vérifiant si le patient peut exprimer clairement ses préférences et si ses décisions sont cohérentes avec ses valeurs et objectifs.

  • Pour finir, l’évaluation de la stabilité émotionnelle et de l’état mental est également cruciale. Il s’agit d’observer l’état mental général du patient et la présence de toute détresse émotionnelle ou pression externe.

Pour garantir une évaluation rigoureuse, il est recommandé d’utiliser des outils standardisés comme le Mini-Mental State Examination (MMSE), de documenter toutes les étapes de l’évaluation de manière détaillée, et de consulter d’autres professionnels de la santé en cas de doute.

L’implication des proches, dans le respect de la confidentialité de certaines informations du patient relié au secret médical, et la connaissance des lois locales sur le consentement aux soins infirmiers sont également essentielles. En suivant ces étapes et bonnes pratiques, l’infirmier.ère peut évaluer de manière systématique et éthique la capacité de consentir des patients, assurant ainsi que chaque décision est prise dans le respect de la loi et des droits du patient.

Si un patient refuse le soin

Si, après évaluation, le patient est jugé apte à consentir, mais qu’il refuse les soins ; alors l’infirmier.ère doit obtempérer et respecter le choix du patient.

Dans le Grand Nord, une de nos infirmières nous a partagé une expérience de refus de soins : « Une patiente avait besoin d’un traitement médical pour soigner une plaie infectée, mais pendant plusieurs jours, elle a refusé le plan de traitement proposé. Elle et sa famille avaient consulté le soigneur de la communauté qui recommandait plutôt l’application de cataplasmes à base de médecine naturelle.

C’était une situation délicate, car nous devons respecter les volontés des patients (dans ce cas précis, elle était apte à consentir) tout en suivant notre code de déontologie, qui nous dicte d’offrir la meilleure option de traitement disponible.

Le médecin et l’infirmier en chef ont discuté avec la patiente à plusieurs reprises pour s’assurer qu’elle comprenait bien son état et les caractéristiques du traitement proposé, sans pour autant diminuer l’importance de la médecine naturelle. Tout s’est fait dans le respect et le non-jugement. Le médecin, qui parle la langue de la communauté, a pu discuter avec la patiente et sa famille dans leur langue maternelle pour répondre à leurs questions.

Finalement, nous avons concilié médecine moderne et traditionnelle pour respecter sa volonté tout en lui proposant les meilleurs soins possibles. »

Si un patient n’est pas apte à consentir

Au Québec, lorsque le patient n’est pas en mesure de donner un consentement éclairé en raison d’une incapacité mentale ou d’autres raisons, l’infirmière doit d’abord évaluer cette incapacité en collaboration avec d’autres professionnels de la santé et en informer le médecin responsable.

Selon l'OIIQ, si le patient est inapte à donner son consentement éclairé, un consentement substitué doit être recherché. Il peut s'agir d'un représentant désigné par le patient dans une procuration ou un mandat en cas d'inaptitude, ou encore d'un tuteur ou d'un curateur nommé par le tribunal. Si aucune de ces options n'est disponible, le consentement doit être obtenu auprès du plus proche parent, selon une hiérarchie légale : conjoint, parents, enfants, etc.

Il est également essentiel de maintenir une communication transparente et continue avec la famille du patient, en expliquant la situation et les décisions prises. Enfin, l'infirmière doit réévaluer régulièrement la capacité du patient à consentir et adapter les procédures en conséquence, tout en veillant à ce que toutes les mesures prises soient bien documentées et conformes aux réglementations provinciales et aux normes éthiques.

Consentement implicite

Dans certaines situations d'urgence où il n'est pas possible d'obtenir un consentement formel, un consentement implicite peut être présumé pour sauvegarder la vie ou prévenir un préjudice grave.

Cela se produit généralement en cas d'urgence médicale, lorsque le patient est dans un état critique, s'il est incapable de communiquer clairement ou si son représentant légal n'est pas disponible.

Légalement, dans de telles situations, les professionnels de la santé peuvent présumer que le patient aurait consenti au traitement médical d'urgence nécessaire pour lui sauver la vie. Le consentement implicite est basé sur le principe éthique de la bienfaisance, qui implique de faire ce qui est considéré comme étant dans l'intérêt primordial du patient dans des circonstances urgentes.

Toutefois, il est essentiel de noter que le consentement implicite est limité aux situations d'urgence où le retard dans l'obtention du consentement formel mettrait en danger la vie ou la santé du patient. L'infirmière doit soigneusement documenter les raisons de sa décision, y compris l'incapacité du patient à donner un consentement explicite et la nature urgente de la situation mettant en danger la vie du patient.

Commande de soins

Si un adulte refuse les soins, mais semble tenir des propos incohérents ou est confus, par exemple, ou s'il ne semble pas en mesure de le faire de manière libre et éclairée, l'infirmière peut recourir au Tribunal, qui peut délivrer une injonction de soins.

Avant de saisir le tribunal, un médecin doit évaluer le patient et rédiger un rapport justifiant le traitement nécessaire. Au moins cinq jours avant l'audience, l'établissement de santé doit envoyer au patient, par l'intermédiaire d'un huissier de justice, une copie de la demande, le rapport médical et un document expliquant ses droits, y compris le droit à un avocat. Si le rapport risque d'aggraver l'état de santé du patient, il peut être envoyé à une autre personne désignée par le tribunal. Si le patient est mineur, l'établissement doit informer les parents ou le tuteur.

Si le patient est majeur et représenté, l'établissement doit informer le conjoint, un proche parent si le patient n'a pas de représentant, ou le curateur public si aucun représentant n'est disponible.

Devant le tribunal, le patient doit être représenté par un avocat ; si ce n'est pas le cas et qu'il est jugé incapable, un avocat d'office sera désigné. L'infirmière et son établissement de soins doivent prouver que.. :

  • Le patient ne peut pas consentir aux soins

  • Ils refusent les soins

  • Ces soins sont nécessaires et bénéfiques

  • Le patient ne comprend pas la nature de sa maladie, le traitement et les risques associés.

Des témoins, tels que d'autres infirmiers ou des proches, peuvent témoigner. Le patient a le droit de s'exprimer et de citer des témoins en sa faveur. Le tribunal décide ensuite d'autoriser ou non les soins, en précisant leur nature et leur durée. Le patient peut faire appel de la décision dans les 5 jours.

Devoirs et obligations éthiques des infirmières

L'obtention du consentement libre et éclairé de l'infirmière fait partie des devoirs du personnel infirmier annoncés par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ces règles éthiques et professionnelles sont des règles éthiques et professionnelles que les infirmiers doivent respecter dans l'exercice de leur profession. Il s'agit notamment de :

  • Évaluation de l'état physique et mental, sauf en cas de refus d'évaluation

  • signaler à l'équipe soignante du patient toute incapacité potentielle à donner son consentement

  • Élaboration d'un plan de soins adapté aux souhaits du patient

  • Valider le refus catégorique dans le cas où un refus est exprimé en tentant d'administrer le soin à plusieurs reprises pour s'assurer de son caractère catégorique.

  • Établir une relation de confiance, qu'elle soit thérapeutique ou non, afin de prodiguer des soins

  • Témoigner de bonne foi à tous les stades de leur travail

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